Rob’Autisme : la médiation robotique au service des habiletés sociales

17/07/2026

Pendant huit semaines, cinq personnes accompagnées par le SAMSAH ont vécu une expérience à la fois technologique, créative et profondément humaine.

 

Sélectionnés sur la base du volontariat, Arthur, Axel, Thomas, Thomas et Miveck ont participé à un atelier de robotique dont la finalité était la création d’une pièce de théâtre interprétée par le robot NAO.

 

Un projet où les participants sont les créateurs

 

Accompagnés par Stéphane, Cyril et Fahim, professionnels du SAMSAH, ainsi que par Sophie Sakka, doctorante et référente robotique à l’INSEI, et Maryam Mohamdi, les participants, tous atteints de troubles du spectre de l’autisme, ont imaginé une histoire mettant en scène Charles, un petit garçon, et sa maman.

 

Les décors, les dialogues, les voix des personnages, les gestes du robot… tout a été conçu et programmé par les participants eux-mêmes.

«Le but des séances n’est pas d’en faire des roboticiens», rappelle Sophie Sakka.

 

Lors de ces séances, le robot n’est pas un compagnon, il est une extension de la personne : le participant lui prête sa voix et ses gestes en le programmant/manipulant.
Le robot est observé par le groupe, l’individu agit à travers lui, sans s’exposer directement.
Ce qui permet à chacun de réaliser ce qu’il souhaite : ses références, ses envies, sa parole.

 

Le dispositif établi en deux séquences (construction histoire/enregistrement du robot) permet aux participants d’avoir des repères fixes, avec des moments d’échanges, de recherche, d’application et avec un objectif spécifique à chaque séance afin de réaliser l’objectif final.

Le travail en binôme et en individuel, qui varie à chaque séance, permet d’avoir des interactions avec ses pairs afin de réaliser un objectif commun, de s’adapter à l’autre, de trouver sa place et d’être dans la pair-aidance.

Une coordination est nécessaire afin d’associer plusieurs éléments (texte, mouvement, décor…).

 

Des effets visibles dès les premières semaines

Au fil des séances, les professionnels ont pu observer des effets positifs.

A mi-parcours, il a été constaté que les participants prenaient davantage d’initiatives, cherchaient à anticiper les actions, pensaient à s’adresser directement aux intervenants de Rob’Autisme pour avoir leur soutien ou à leur partenaire (binôme participant).

A la fin de chaque séance, chaque réalisation est valorisée.

La valorisation du rôle social permet une dynamique qui encourage chacun à poursuivre un projet commun et surtout à être reconnu dans ses capacités, ses décisions et ses actions.

À la fin du programme, ces progrès dépassaient le cadre des ateliers. Les participants ont commencé à transférer ces nouvelles compétences dans leur quotidien, en dehors du SAMSAH.

 

Une aventure placée sous le signe du plaisir

Pour Maryam, « plaisir » a été le mot clé de ces ateliers.

Les participants partagent ce même enthousiasme :

« Pour moi, c’était une vraie découverte. »

« C’était stimulant, on se retrouvait chaque semaine. »

« C’était intéressant de faire bouger le robot. »

 

Une réussite

Au lancement du projet, Patricia Fortin, cadre de santé au SAMSAH, reconnaît avoir eu quelques interrogations.

« Au départ, j’étais un peu sceptique. Je me demandais comment le projet allait être accueilli par les participants. Le vrai défi était de réussir à les mobiliser pendant huit séances consécutives. »

Le résultat a dépassé les attentes.

« Nous avons vu des participants arriver à l’heure, très motivés, avec des étoiles dans les yeux. »

Pour Cyril, cette réussite appartient avant tout aux participants :

« Nous étions les intervenants… mais ce sont les participants qui ont tout fait. »

 

La technologie au service de l’humain

Le programme Rob’Autisme illustre une conviction portée par Cités Caritas : le numérique doit être pensé comme un levier d’accompagnement et d’inclusion.

En s’associant à l’INSEI dans le cadre du Consortium Numérique et Vulnérabilités (CNV), les équipes ont souhaité explorer une question essentielle : comment mettre le numérique au service de l’humain ?

 

 

Merci à tous les partenaires

 

Ce projet n’aurait pas pu voir le jour sans l’engagement de nombreux partenaires.

 

Merci à la Fondation Charlotte et Nicolas de Dinechin, qui, grâce à un don de 10 000 € a permis la réalisation de cette expérimentation.

 

Merci également à l’INSEI, aux équipes de Cités Caritas, à l’ensemble des professionnels mobilisés, ainsi qu’aux cinq participants qui se sont investis avec enthousiasme tout au long de ce programme.

 

Enfin, merci à la Ville de Rueil-Malmaison et à Françoise Roubinet pour leur soutien et leur présence à nos côtés.

 

La recherche a besoin de financements

Nous souhaiterions financer une thèse CIFRE pour étudier, sur un temps plus long, l’impact de Rob’Autisme.

Si vous souhaitez nous soutenir, contactez-nous : zaig.louazel@citescaritas.fr